Annonciation 2020 sous le signe de l’espérance

24 mars 2020

Chers élèves, chers parents, chers collègues,

Marie est à l’origine de la Fondation de la congrégation des pères maristes. Elle les a inspirés pour fonder notre école. Que veut-elle nous dire en ces temps de désert non choisi, bien que nous soyons en temps de Carême ? Veut-elle nous entendre dire « je suis la servante du Seigneur » alors qu’on aimerait diriger notre vie mais que l’imprévu de cette pandémie nous en empêche ? Veut-elle nous faire comprendre qu’en écoutant son « faites-tout ce qu’Il vous dira » nous ne renonçons pas à notre liberté ? Veut-elle nous faire voir au-delà du désert ? de la Croix ?

En ce jour de l’Annonciation prions Marie de nous aider à garder confiance.

Vous trouverez ci-dessous des propositions qui peuvent vous inspirer.

« Souvenez-vous, ô Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre secours, ait été abandonné », disait Saint Bernard.

Textes de médidation

Chers confrères,

Salutations depuis la Villa Santa Maria, Rome.

Nous voici dans des jours difficiles. Nous sommes appelés à prendre des mesures pour faire face à la propagation du virus Covid-19. Nous avons à y répondre avec prudence, générosité et fidélité.

Pour nous, Maristes, c’est aussi l’occasion de prier ensemble dans nos communautés avec une foi renouvelée.

Nous pensons spécialement à nos confrères âgés et à ceux qui sont plus vulnérables. Sachez-le, nous sommes unis comme les membres d’une même famille.
J’invite chaque communauté à se réunir pendant les neuf jours à venir devant l’image de Marie et du vénérable Jean-Claude. Nous prions pour tous ceux qui sont touchés de quelque façon par ce virus. Si nous ne pouvons pas nous retrouver en communauté, nous pouvons prier individuellement, sachant que nous sommes unis en Esprit pour former une seule Société.

Si possible, nous devrions commencer cette neuvaine le 19 mars, fête de Saint Joseph. Autrement, commençons quand ce sera possible.

Je vous invite à utiliser la prière ci-dessous.

Comme l’écrivaient nos premiers missionnaires: «oremus pro invicem», «prions les uns pour et avec les autres».

John Larsen

***

Seigneur guérisseur,
par l’intercession de notre fondateur,
le père Jean-Claude Colin,
et de Marie, mère de miséricorde,
nous prions pour toutes les personnes touchées
par le coronavirus.
Puissent tous être l’objet de votre amour
et de votre protection.

Nous prions pour tous les Maristes de par le monde,
surtout pour nos frères et sœurs âgés et vulnérables.
Puissions-nous jouir de votre protection et de votre soin.

Nous prions aussi pour toutes les personnes avec qui nous partageons l’oeuvre de Marie
et pour tous ceux au service de qui nous œuvrons dans nos ministères.

Puissent tous être l’objet de votre grâce de guérison et de protection
dans tout ce qui se passe autour de nous.

Sous l’abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières et nos besoins.
Dans ta miséricorde, écoute-nous et exauce-nous.

Vénérable Jean-Claude Colin, priez pour nous.
Marie, reine des apôtres, priez pour nous.

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38. Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins. Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30.

Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos coeurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et soeurs malades, nos frères et soeurs soignants, notre communauté humaine éprouvée.

Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous!» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.] [5e dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins. C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition!

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance.
La foi, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant.
J’éclate tellement dans ma création.
Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne.
Ça c’est étonnant, que ces pauvres enfants voient comment tout ça se passe
et qu’ils croient que demain ça ira mieux,
qu’ils voient comment ça se passe aujourd’hui
et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.
Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.
Et j’en suis étonné moi-même.
Il faut, en effet, que ma grâce soit d’une force incroyable,
et qu’elle coule d’une source et comme un fleuve inépuisable.
La petite espérance s’avance entre ses deux grandes soeurs,
et on ne prend seulement pas garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut,
sur la route interminable, sur la route entre ses deux soeurs,
la petite espérance s’avance.
C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la foi ne voit que ce qui est,
Et elle, elle voit ce qui sera.
La charité n’aime que ce qui est, Et elle, elle voit ce qui sera.
La foi voit ce qui est dans le temps et l’éternité.
L’espérance voit ce qui sera dans le temps et l’éternité.
Pour ainsi dire dans le futur de l’éternité même.

Parmi les jeunes générations à travers le monde, nombreux sont ceux qui s’interrogent et se demandent : existe-t-il une espérance pour notre futur ? Comment passer des inquiétudes à la confiance ? Nos sociétés sont parfois si ébranlées. Il y a l’avenir incertain de l’humanité, avec la pauvreté en continuel accroissement. Il y a la souffrance de nombreux enfants, et tant de ruptures qui blessent les coeurs.

Et pourtant, ne voyons-nous pas surgir, jusque dans les situations du monde les plus troublées, les signes d’un indéniables espoir ? Pour aller de l’avant, il est bon de le savoir : l’Evangile porte en lui une si belle espérance que nous pouvons y trouver une joie de l’âme. Cette espérance est comme une trouée de lumière qui s’ouvre en nos profondeurs. Sans elle, le goût de vivre pourrait s’éteindre. La source de cette espérance est en Dieu, qui ne peut qu’aimer et qui nous cherche inlassablement. L’espérance se renouvelle quand nous nous confions tout humblement à Dieu. Il est une force intérieure qui nous habite et qui est la même pour tous. Cette force s’appelle l’Esprit-Saint. Il murmure en nos coeurs : « Abandonne-toi à Dieu en toute simplicité, ton peu de foi y suffit. »

Le texte complet

« On se méfie souvent de l’espérance, et singulièrement de l’espérance chrétienne. N’est-ce pas une histoire de naïfs indécrottables qui veulent tellement croire que tout va bien que, lorsque les faits leur donnent tort, ils s’inventent un ciel où tout irait mieux, qui a le double avantage de régler absolument tous les problèmes et de n’être jamais démenti par les faits ? Notre espérance n’est-elle que la transposition dans l’éternité d’un optimisme incurable ? […]
L’espérance chrétienne ne réclame pas de l’optimisme, mais du courage. […] Le courage est nécessaire à l’espérance car pour pouvoir espérer, espérer vraiment, il faut accepter de renoncer à l’illusion, aux faux espoirs, à tous les faux espoirs -et ce renoncement est particulièrement douloureux »

Quand le monde qui nous entoure nous fait peur, l’espérance chrétienne ne nous dit pas de rester là à pleurnicher parce que tout va mal, ni de sourire bêtement parce que tout irait bien ; elle ne nous invite pas à attendre que Dieu détruise ce monde-là pour en construire un autre ; elle nous pose une question très simple : comment faire de tout cela une occasion d’aimer davantage? […]

C’est la question que nous pouvons nous poser devant toutes les nouvelles, les bonnes comme les mauvaises, celles du journal comme celles de notre téléphone. Transformer les événements en occasion d’aimer, c’est reproduire au quotidien le miracle de Cana. C’est changer l’eau de la vie ordinaire en vin de vie éternelle. [Cela vaut pour les] petites choses : les enfants qui crient au lieu de jouer sagement, le petit frère qui s’embête et qui alors décide de venir m’embêter à mon tour […] ; tout cela aura le goût que nous lui donnerons : toutes ces situations nous donnent des gens à aimer davantage ; toutes nous procurent des occasions d’aimer, et donc d’être heureux […].

Cette habitude vaut la peine d’être prise, car si nous nous exerçons sur ces petits évènements, alors nous saurons peu à peu produire la même transformation pour les évènements plus importants, et plus difficiles. Un chagrin d’amour ou le décès d’un être cher peuvent aussi être des occasions d’aimer. Cela ne veut pas dire que ces épreuves peuvent être vécues joyeusement -inutile de se mentir ! Mais choisir d’en faire un lieu où aimer davantage, c’est en faire quelque chose, c’est leur donner du sens. Ce n’est pas d’ailleurs, je crois, un exercice gratuit. C’est un exercice vital : car le vrai choix n’est souvent pas entre le vin et l’eau, mais entre le vin et le vinaigre.

C’est un choix de vie fondamental. Se laisser agacer par ce qui nous arrive, c’est accepter de se laisser gagner par cet agacement, et prendre le risque de le laisser contaminer peu à peu même ce qui devrait nous rendre joyeux. Alors que choisir de transformer l’eau en vin, c’est devenir porteur de joie et de salut, pour nous-mêmes et pour les autres. »

Desmond Tutu (archevêque anglican, prix Nobel de la Paix en 1984) :

« Faites le bien, par petits bouts, là où vous êtes ; car ce sont tous ces petits bouts de bien, une fois assemblés, qui transforment le monde. »

C’était au siècle dernier. Un immense actrice pouvait, à une heure de grande écoute sur une chaîne publique, devant un par-terre de vedettes, déclamer un texte de Claudel consacré à Marie.

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