A la recherche d’élèves heureux

Lyon sérieux n’est pas dans ses façades : paradoxalement, la différence vit d’un silence qui, souvent, agace les conformismes bruyants. L’expérience menée depuis une douzaine d’années par Sainte-Marie-Lyon pose pourtant nombre de problèmes de fond de l’architecture et de sa pratique contemporaine. Doucement, le père Perrot, directeur de l’établissement scolaire, et Georges Adilon, peintre, présentent une expérience rare, enseignante, lente et réussie. Le pédagogue parle de la dimension éducative de l’architecture comme de celle de la surveillance en laissant planer un propos sur la force du Beau. La conversation évoque le poids des matériaux, leur épaisseur tant matérielle que spirituelle. Sait-on encore ce qu’est la qualité d’une porte ou d’un mur ? Le Père Perrot a tenu personnellement à ce que les escaliers principaux du collège de la montée Saint-Barthélémy fussent en pierre, vraiment, sans les tricheries du placage. Un escalier est un escalier et le passage de milliers de pas doit s’y marquer ! Partout, la ville est invitée à pénétrer l’espace physique et mental de l’école. (…)

Jean-louis Maubant «Résonnance , la vie Lyonnaise», février 1979