Rencontre avec des anciens de Sainte-Marie Lyon

«Le contraste des massifs et des arbres sertis par les terrasses, les courbes de lierre qu’épousent l’acier et la pierre, le rythme des dalles accompagnant silencieusement le mouvement de la pensée, l’espace troué de larges flaques de lumière, dans l’étude, autant de points de vue qui se forment, que suggèrent les angles singuliers des fenêtres…» (Revue des Terminales, «Futur antérieur», Promotion 1986)

 

Georges Adilon, mon premier souvenir de votre architecture date de la classe de sixième. Les salles de sciences naturelles à la Solitude sont à côté de l’étude des quatrièmes. Dedans, ça sent le béton et bizarrement, la salle est carrée alors que l’extérieur est rond. A chacun sa madeleine mais, je me trompe, ou le béton a une odeur particulière qui imprègne l’atmosphère des salles de cours ?
Il est curieux que vous ayez l’impression d’une salle carrée dans un bâtiment de forme ronde car il n’y a jamais opposition entre les formes intérieures et extérieures. La complexité des espaces est rendue possible par le béton. La liberté donnée par ce matériau engendre sans doute des richesses d’impressions et, pourquoi pas, d’odeurs de béton, je ne le sais pas. La conception de bâtiments scolaires est souvent pensée en terme de construction et non d’architecture, en fonction des techniques les plus commodes et non avec le souci de créer des espaces dont la qualité des volumes, de la lumière, des matériaux, doivent concourir à cette création faite pour ceux qui vont habiter ces bâtiments. Tout de suite, le père Perrot a exprimé cette idée si simple et pourtant si rare que l’architecture est un élément éducatif à part entière. Sainte-Marie-Lyon s’est développé ne privilégiant les petites unités déjà existantes Montée Saint Barthélémy, de par la configuration des lieux, cours, et bâtiments s’étageant sur la colline. A la Verpillière, sur des terrains assez plats, l’implantation des bâtiments a été faite avec cette idée de petits bâtiments séparés par des espaces, donnant l’idée de quartiers, à l’opposé de concentration des élèves dans un grand bâtiment préconçu de façon idéologique.

Propos recueillis par Christophe MATRAT et Jean-Marc PETIT (promo 84)