Formation humaine et chrétienne

Notre maison n’est pas chrétienne par statut, elle ne peut l’être que si elle est animée par son souci de suivre l’Evangile.  Dans une école, cela passe par la formation,  des propositions de célébration et de service.

La formation est fondée sur la distinction entre enseignement religieux et catéchèse. L’enseignement religieux pour tous, dans le respect des consciences, permet de comprendre que la foi est aussi de l’ordre de l’intelligible : on n’est pas plus libre si l’on est ignorant. Une heure par semaine, assurée par un des professeurs de la classe, est incluse dans l’horaire à tous les niveaux. Une équipe de professeurs a créé la collection des Chemins de la Foi pour que cet enseignement soit considéré à la même hauteur que les disciplines profanes. Une université d’été permet aux adultes de renouveler leur formation. La catéchèse, proposée, ouvre aussi à une formation à la Bible, à la vie sacramentelle, à une initiation à la prière.

Les croyants peuvent suivre les célébrations qui rythment l’année liturgique, ou les offices qui ponctuent les semaines (prière des laudes, temps d’adoration, chapelet) ou encore participer à des groupes de prière, de louange, de réflexion, de découverte de la foi (café-théo, Alpha…).

Une initiative originale est née en 2006,  le groupe Saint Irénée. Il répond au désir d’œuvrer pour  l’unité de l’Eglise, en  rencontrant des chrétiens d’autres confessions, en découvrant leur histoire et leur culture. Deux voyages ont été organisés en pays orthodoxe ;  un en Suisse, puis aux Pays Bas, à la rencontre de différentes familles du protestantisme ; en Angleterre à la découverte de la communion anglicane ; enfin en Turquie à la rencontre des chrétiens d’Orient.

Comprendre que la foi est aussi de l’ordre de l’intelligible : on n’est pas plus libre si l’on est ignorant

Ce groupe rassemble des jeunes de tous âges, des professeurs et personnels de l’école, des amis ou membres des familles. En vivant une fraternité grandissante, nous ressentons à la fois la souffrance de la séparation et la joie du travail en vue de l’unité ; nous dialoguons et prions ensemble.

Tous les élèves, croyants ou non, sont invités à se former en se mettant au service des moins favorisés : du soutien scolaire aux visites régulières aux personnes âgées, des efforts de Carême à l’encadrement de centres de vacances, en France ou à l’étranger, du brancardage des malades à Lourdes à la distribution des repas aux sans abris, sans oublier les aides humanitaires apportées à Madagascar, à Kinshasa, au Népal ou en Haïti…Ils découvrent ce qu’aider suppose de compétence, de fidélité et d’abnégation. L’idéal n’est pas qu’ils soient fiers d’avoir donné mais heureux d’avoir reçu.

Une maison à vocation chrétienne ne peut négliger les adultes, eux-aussi invités à réfléchir et prier ensemble : des retraites d’enseignants et membres du personnel à celles pour les parents, de la marche des pères de famille au dîner de la Saint Valentin pour les couples, des soirées-débats au groupe de prière des mères,  des conférences sur la théologie, la spiritualité ou l’éducation au dialogue annuel entre le cardinal et un responsable d’une autre confession, chrétienne ou non.

Pour approfondir la tradition mariste et donner plus de sens à leur engagement, « Maristes en éducation » rassemble plusieurs fois dans l’année des adultes de l’établissement. Et puisque nous n’avons pas l’exclusivité de l’inspiration qui a fait naître la Société de Marie, il est aussi important de donner l’occasion à chacun de rencontrer les religieux maristes d’Europe, d’échanger dans la maison de la Neylière avec ceux qui travaillent dans les six autres établissements français de notre tutelle, et même de leur proposer un parcours spécifique de formation.

« Le propre de nos vies, et même de nos institutions, est d’être en recherche » disait le père Perrot . Comment des enfants pourraient-ils cheminer et grandir avec des adultes arrêtés, qui ne s’interrogent plus ? Comment des parents ou des professeurs pourraient-ils transmettre sans aider chaque enfant à découvrir en soi une richesse spirituelle, sans favoriser son désir d’élévation ?

Textes de médidation

Chers confrères,

Salutations depuis la Villa Santa Maria, Rome.

Nous voici dans des jours difficiles. Nous sommes appelés à prendre des mesures pour faire face à la propagation du virus Covid-19. Nous avons à y répondre avec prudence, générosité et fidélité.

Pour nous, Maristes, c’est aussi l’occasion de prier ensemble dans nos communautés avec une foi renouvelée.

Nous pensons spécialement à nos confrères âgés et à ceux qui sont plus vulnérables. Sachez-le, nous sommes unis comme les membres d’une même famille.
J’invite chaque communauté à se réunir pendant les neuf jours à venir devant l’image de Marie et du vénérable Jean-Claude. Nous prions pour tous ceux qui sont touchés de quelque façon par ce virus. Si nous ne pouvons pas nous retrouver en communauté, nous pouvons prier individuellement, sachant que nous sommes unis en Esprit pour former une seule Société.

Si possible, nous devrions commencer cette neuvaine le 19 mars, fête de Saint Joseph. Autrement, commençons quand ce sera possible.

Je vous invite à utiliser la prière ci-dessous.

Comme l’écrivaient nos premiers missionnaires: «oremus pro invicem», «prions les uns pour et avec les autres».

John Larsen

***

Seigneur guérisseur,
par l’intercession de notre fondateur,
le père Jean-Claude Colin,
et de Marie, mère de miséricorde,
nous prions pour toutes les personnes touchées
par le coronavirus.
Puissent tous être l’objet de votre amour
et de votre protection.

Nous prions pour tous les Maristes de par le monde,
surtout pour nos frères et sœurs âgés et vulnérables.
Puissions-nous jouir de votre protection et de votre soin.

Nous prions aussi pour toutes les personnes avec qui nous partageons l’oeuvre de Marie
et pour tous ceux au service de qui nous œuvrons dans nos ministères.

Puissent tous être l’objet de votre grâce de guérison et de protection
dans tout ce qui se passe autour de nous.

Sous l’abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières et nos besoins.
Dans ta miséricorde, écoute-nous et exauce-nous.

Vénérable Jean-Claude Colin, priez pour nous.
Marie, reine des apôtres, priez pour nous.

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: «Car rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38. Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins. Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30.

Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos coeurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et soeurs malades, nos frères et soeurs soignants, notre communauté humaine éprouvée.

Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous!» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.] [5e dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins. C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition!

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance.
La foi, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant.
J’éclate tellement dans ma création.
Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne.
Ça c’est étonnant, que ces pauvres enfants voient comment tout ça se passe
et qu’ils croient que demain ça ira mieux,
qu’ils voient comment ça se passe aujourd’hui
et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin.
Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.
Et j’en suis étonné moi-même.
Il faut, en effet, que ma grâce soit d’une force incroyable,
et qu’elle coule d’une source et comme un fleuve inépuisable.
La petite espérance s’avance entre ses deux grandes soeurs,
et on ne prend seulement pas garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut,
sur la route interminable, sur la route entre ses deux soeurs,
la petite espérance s’avance.
C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la foi ne voit que ce qui est,
Et elle, elle voit ce qui sera.
La charité n’aime que ce qui est, Et elle, elle voit ce qui sera.
La foi voit ce qui est dans le temps et l’éternité.
L’espérance voit ce qui sera dans le temps et l’éternité.
Pour ainsi dire dans le futur de l’éternité même.

Parmi les jeunes générations à travers le monde, nombreux sont ceux qui s’interrogent et se demandent : existe-t-il une espérance pour notre futur ? Comment passer des inquiétudes à la confiance ? Nos sociétés sont parfois si ébranlées. Il y a l’avenir incertain de l’humanité, avec la pauvreté en continuel accroissement. Il y a la souffrance de nombreux enfants, et tant de ruptures qui blessent les coeurs.

Et pourtant, ne voyons-nous pas surgir, jusque dans les situations du monde les plus troublées, les signes d’un indéniables espoir ? Pour aller de l’avant, il est bon de le savoir : l’Evangile porte en lui une si belle espérance que nous pouvons y trouver une joie de l’âme. Cette espérance est comme une trouée de lumière qui s’ouvre en nos profondeurs. Sans elle, le goût de vivre pourrait s’éteindre. La source de cette espérance est en Dieu, qui ne peut qu’aimer et qui nous cherche inlassablement. L’espérance se renouvelle quand nous nous confions tout humblement à Dieu. Il est une force intérieure qui nous habite et qui est la même pour tous. Cette force s’appelle l’Esprit-Saint. Il murmure en nos coeurs : « Abandonne-toi à Dieu en toute simplicité, ton peu de foi y suffit. »

Le texte complet

« On se méfie souvent de l’espérance, et singulièrement de l’espérance chrétienne. N’est-ce pas une histoire de naïfs indécrottables qui veulent tellement croire que tout va bien que, lorsque les faits leur donnent tort, ils s’inventent un ciel où tout irait mieux, qui a le double avantage de régler absolument tous les problèmes et de n’être jamais démenti par les faits ? Notre espérance n’est-elle que la transposition dans l’éternité d’un optimisme incurable ? […]
L’espérance chrétienne ne réclame pas de l’optimisme, mais du courage. […] Le courage est nécessaire à l’espérance car pour pouvoir espérer, espérer vraiment, il faut accepter de renoncer à l’illusion, aux faux espoirs, à tous les faux espoirs -et ce renoncement est particulièrement douloureux »

Quand le monde qui nous entoure nous fait peur, l’espérance chrétienne ne nous dit pas de rester là à pleurnicher parce que tout va mal, ni de sourire bêtement parce que tout irait bien ; elle ne nous invite pas à attendre que Dieu détruise ce monde-là pour en construire un autre ; elle nous pose une question très simple : comment faire de tout cela une occasion d’aimer davantage? […]

C’est la question que nous pouvons nous poser devant toutes les nouvelles, les bonnes comme les mauvaises, celles du journal comme celles de notre téléphone. Transformer les événements en occasion d’aimer, c’est reproduire au quotidien le miracle de Cana. C’est changer l’eau de la vie ordinaire en vin de vie éternelle. [Cela vaut pour les] petites choses : les enfants qui crient au lieu de jouer sagement, le petit frère qui s’embête et qui alors décide de venir m’embêter à mon tour […] ; tout cela aura le goût que nous lui donnerons : toutes ces situations nous donnent des gens à aimer davantage ; toutes nous procurent des occasions d’aimer, et donc d’être heureux […].

Cette habitude vaut la peine d’être prise, car si nous nous exerçons sur ces petits évènements, alors nous saurons peu à peu produire la même transformation pour les évènements plus importants, et plus difficiles. Un chagrin d’amour ou le décès d’un être cher peuvent aussi être des occasions d’aimer. Cela ne veut pas dire que ces épreuves peuvent être vécues joyeusement -inutile de se mentir ! Mais choisir d’en faire un lieu où aimer davantage, c’est en faire quelque chose, c’est leur donner du sens. Ce n’est pas d’ailleurs, je crois, un exercice gratuit. C’est un exercice vital : car le vrai choix n’est souvent pas entre le vin et l’eau, mais entre le vin et le vinaigre.

C’est un choix de vie fondamental. Se laisser agacer par ce qui nous arrive, c’est accepter de se laisser gagner par cet agacement, et prendre le risque de le laisser contaminer peu à peu même ce qui devrait nous rendre joyeux. Alors que choisir de transformer l’eau en vin, c’est devenir porteur de joie et de salut, pour nous-mêmes et pour les autres. »

Desmond Tutu (archevêque anglican, prix Nobel de la Paix en 1984) :

« Faites le bien, par petits bouts, là où vous êtes ; car ce sont tous ces petits bouts de bien, une fois assemblés, qui transforment le monde. »

Quelques textes issus de la revue Sainte-Marie Lyon

Quelqu’un disait de l’autorité qu’on en a ou bien qu’on n’en a pas, et que cela ne s’apprend pas. Certains qui ont fait profession d’éducateurs ne manqueraient pas de se sentir condamnés irrévocablement par un aphorisme de ce type. D’autres, au contraire, forts de la confiance qu’ils placent en leur autorité « naturelle » se verraient, sans nul doute, consacrés à perpétuité dans leur tâche éducative – au grand dam des générations d’enfants qui leur seraient nécessairement confiées !

Jean Patrice Arduin
Texte complet

Faut-il regagner l’intérêt et les faveurs des élèves en les amenant à « découvrir par eux-mêmes » les lois scientifiques ? Pour estimables qu’elles soient, ces tentatives paraissent un peu désespérées. Un peu désespérées parce qu’à se placer sur le terrain de l’inventivité, de l’expression personnelle, la science risque malgré tout de faire figure de parent pauvre.

Olivier Rey

On s’interroge parfois sur Marie, la place qu’on lui réserve, le sens que peut avoir la consécration d’une école au nom de Marie. (…)

Marc Bouchacourt
Texte complet

Un texte de M. Olivier Gosset paru dans le numéro de Lyon-Maristes du mois de juin intitulé « Place de la pastorale dans les établissements maristes » a soulevé chez plusieurs lecteurs des questions qui nous sont parvenues. Il parle de « crise de la Congrégation et de perspectives nouvelles », de l’« appel à la Communauté du Chemin Neuf à qui a été confiée la mission pastorale », du « souhait que l’éducation passe d’une institution à une autre ». Impliquée, la Congrégation des Pères Maristes a souhaité s’exprimer et apporter les rectifications utiles. (…)

Bernard Thomasset
Texte complet

Le père Perrot n’aimait pas les longues déclarations : la concision, voire l’ellipse, étaient la marque propre de cet homme pudique et rude. Il n’a laissé aucun traité de pédagogie, préférant accomplir une oeuvre éducative et la confier vivante à ses successeurs. Il laisse pourtant à la postérité quelques aphorismes, ciselés jusqu’à l’épure, riches et suggestifs, un peu à l’image des oeuvres architecturales qu’il conçut de conserve avec Georges Adilon. (…)

Xavier Dufour
Texte complet

Eduquer, élever un être, accompagner l’essor d’une liberté…nous sommes capables de produire toutes sortes de formules suggestives, voire séduisantes. Mais ne nous payons-nous pas de mots ? N’y a-t-il pas un risque de se satisfaire de slogans humanistes, sans nous rendre compte que de telles formules n’ont peut-être plus de sens dans le contexte culturel qui est le nôtre ? (…)

Xavier Dufour
Texte complet

La congrégation des maristes est née par réaction au désastre qu’a été pour l’Eglise la Révolution française : tous ces prêtres bouleversés par 89, mais plus encore par les pics de terreur antireligieuse de 1792 et de 1797, vont chercher comment être chrétien dans un monde nouveau. Parmi eux, douze jeunes gens, ballottés de séminaire en séminaire au gré des événements du Premier Empire, puis de la Restauration, entre 1804 et 1816 (Alix, Saint-Jodard, Saint-Irénée), désireux de retrouver la tranquillité et peut-être les privilèges de l’Ancien Régime, imaginent paradoxalement une nouvelle Eglise comme les jésuites l’avaient fait pour réagir à la Réforme au XVIème siècle. (…)

Marc Bouchacourt
Texte complet