Classes préparatoires


Portes ouvertes: samedi 3 février 2018  9h-15h

Comment vivre l’esprit de concours dans notre tradition éducative ?

Il n’est pas question, si l’on assume l’organisation de ces classes, de remettre en cause le système de compétition qui lui est propre : il faut arriver les premiers, dans les premiers, sur des épreuves données ; ce ne sont plus les conditions de l’examen que connaissent les élèves du secondaire et où tout le monde peut réussir.

Cet esprit de compétition a son aspect tonique, comme dans le sport ; il a sans doute aussi ses faiblesses, par l’infléchissement qu’il peut faire subir à un abord généreux de la culture et de la vie. Ainsi, tout en rendant les élèves sensibles aux exigences d’un tel système, nous devons, au fil de l’enseignement et dans nos rapports avec eux, les éveiller sur ses limites, d’autant plus que l’influence de ce système dans notre société se fait sentir en d’autres domaines que celui des études.

Tout en respectant la rigueur propre à chaque discipline, les exigences de précision et de qualité dans le travail, la responsabilité personnelle de l’étudiant, nous sommes appelés à créer un climat d’étude qui porte un triple souci :

 

Le souci d’une culture générale

Evitant une surévaluation des aspects techniques des épreuves, une attention excessive portée aux coefficients, une conception limitée des études qui fait de la réussite aux concours la finalité dernière, il nous faut apprendre aux élèves à poursuivre une véritable formation intellectuelle, sans bachotage, leur permettre de continuer à aimer savoir, aimer comprendre, puisque cela doit demeurer l’objectif de toute leur vie.

Le souci d’une formation humaine globale

L’appréhension de la vie en société comme un combat est inévitable et peut être positive s’il s’agit d’un combat avec soi-même, contre la passivité, la médiocrité, le laisser-aller; mais elle peut aussi induire une image de l’autre qui serait celle d’un rival, d’un concurrent à abattre, une image de la responsabilité professionnelle égocentrique et carriériste.
C’est pourquoi nous devons faire apparaître que la qualité professionnelle est pour chacun dépendante de la qualité humaine globale (rapports aux autres, initiative, courage, réserve nerveuse, effacement personnel…), qu’à long terme il y a un lien essentiel entre la qualité de l’entreprise et la qualité des hommes qui l’animent, qu’enfin la fécondité de l’entreprise pour la société n’est assurée que si la responsabilité en son sein est vécue comme un service.

Le souci de fidélité à la tradition chrétienne de notre maison

L’esprit mariste de simplicité peut aider à dépasser une conscience vaniteuse qui se ferait jour chez des candidats réussissant un concours difficile, flattés par l’opinion, pourvus d’avantages, parfois de privilèges ; plus radicalement, nous avons à transmettre à nos étudiants respectueusement, c’est-à-dire dans l’humilité, mais sans équivoque, ce qui fait le sens de notre engagement à leur service.
Puissent-ils garder en mémoire et entendre un jour cette parole de Jésus: « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 16.25).

Marc GAUCHERAND

Directeur de Sainte-Marie-Lyon de 1999 à 2005